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Période : 1982 - 2004
Criminels de guerre, un passé qui hante
Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, des criminels de guerre nazis et des collaborateurs du régime entrent librement au Canada. Quarante ans plus tard, le gouvernement canadien ignore toujours leur nombre. Une honte selon les organisations juives, outrées de voir les victimes vivre côte à côte avec leurs anciens bourreaux. En 1985, la commission Deschênes vient clarifier la question. Malgré une présence moins importante que prévue, les solutions judiciaires pour les punir demeurent complexes.
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Une commission d'enquête pour retracer les nazis
Date de diffusion : 11 mars 1987
Une rumeur selon laquelle le bourreau d'Auschwitz, Josef Mengele, aurait tenté d'entrer au pays en 1962 émeut l'opinion publique en 1985. C'est dans ce contexte que le gouvernement de Brian Mulroney met sur pied, le 7 février 1985, la Commission d'enquête sur les criminels de guerre, présidée par le juge Jules Deschênes de la Cour supérieure du Québec. Après deux ans d'enquête, la commission est prête à formuler ses recommandations. Le journaliste Georges Tremel obtient les résultats de l'enquête à la veille de son dévoilement.Le Canada est-il un havre de paix pour les criminels de guerre nazis? Au début des années 1980, plusieurs organismes juifs en sont convaincus. D'ailleurs, les rumeurs vont bon train à ce sujet. Ils estiment d'abord le nombre de bourreaux et leurs collaborateurs à quelques centaines, puis à 1000 et ensuite 3000; Simon Wiesenthal, le célèbre pourfendeur de nazis, élèvera même ce chiffre jusqu'à 6000. Une honte pour le pays. Combinées à celle de l'entrée au pays de Joseph Mengele, ces rumeurs vont inciter le gouvernement canadien à mettre les choses au clair.
La commission Deschênes détenait un triple mandat : elle devait d'abord confirmer la présence de criminels de guerre au Canada; comprendre comment ils sont entrés au pays; et trouver le moyen de les traduire devant les tribunaux. La commission possédait un pouvoir étendu. Elle pouvait obtenir de l'information par la voie de la GRC et citer quiconque à comparaître.
Le juge Deschênes a rendu publics en partie ses travaux. Afin de protéger la réputation d'innocents, il a refusé de dévoiler les noms des présumés criminels de guerre sur lesquels il a enquêté.
Une commission d'enquête pour retracer les nazis
• Le bourreau d'Auschwitz, Josef Mengele, est responsable de l'élimination de 400 000 juifs.• Selon le parquet de Francfort, Mengele est à l'origine de l'utilisation du gaz Zyklon B dans les chambre de la mort.
• Le docteur Mengele pratiquait de nombreuses expériences médicales inhumaines sur ses victimes, notamment dans le domaine de la génétique. Il était entre autres chargé d'éradiquer les gènes défaillants sur des cobayes vivants, dans le but de créer une race germanique supérieure.
• La cruauté et le sadisme de Mengele lui vaudront le surnom de « l'Ange de la mort ». Par exemple, dès l'arrivée d'un convoi en provenance de Drancy le 3 août 1944, il ordonne de jeter 300 enfants vivants dans un four crématoire. Dans le même registre d'horreur, il demande de déverser des camions remplis d'enfants et de bébés dans une tranchée remplie d'essence pour les enflammer vivants.
• La rumeur de l'entrée de Josef Mengele au Canada a été dévoilée à la Chambre des communes, le 23 janvier 1985, par le député libéral Robert Kaplan.
• Mengele aurait utilisé le nom d'emprunt de Josef Menke pour s'introduire au pays en 1962. Les rumeurs se sont amplifiées après la découverte de l'existence d'un major SS du nom de Menke, d'un rang aussi important que Mengele. Mais la commission Deschênes a démenti le tout et affirmé que ni Mengele ni Menke ne sont entrés au Canada.
• En février 1985, la retransmission par les télévisions du monde entier du procès symbolique de Mengele se tenant en Israël, quarante ans après sa fuite d'Auschwitz, ébranle l'opinion publique internationale. Dès lors, tout est mis en œuvre pour traquer une bonne fois pour toute le bourreau d'Auschwitz. Israël, les États-Unis et l'ex-Allemagne de l'Ouest offrent même jusqu'à 34 millions de dollars de rançon pour le retrouver.
• En mai 1985, une enquête de la police ouest-allemande confirme la présence de Mengele au Brésil et sa mort en 1979. En moins d'une semaine, la police brésilienne, à l'aide de témoins, découvre les restes du bourreau d'Auschwitz au cimetière d'Embu, non loin de Sao Paulo. Les expertises médico-légales assurent qu'il s'agit bien de lui. Mengele serait mort d'une noyade et a été enterré le 6 juin 1979. En 1992, des tests d'ADN effectués sur ses ossements corroborent son identité.
Une commission d'enquête pour retracer les nazis
Média : Télévision
Émission : Téléjournal
Date de diffusion : 11 mars 1987
Ressource(s) : Bernard Derome, Georges Tremel
Durée : 2 min 15 s
Dernière modification :
23 avril 2004
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Radio
26 min 08 s
8 mai 1945
Le 8 mai 1945, l'Allemagne nazie capitule et les Alliés entrent dans la phase finale de la Seconde Guerre mondiale.










Une commission d'enquête pour retracer les nazis.
Les Archives de Radio-Canada.
Société Radio-Canada.
Dernière mise à jour : 23 avril 2004.
[Page consultée le 22 mai 2013.]