Le Midi-quinze
Le Midi-quinze propose aux auditeurs de la première chaîne de Radio-Canada une revue quotidienne de l'actualité québécoise. Diffusé à 12 h 15, du lundi au vendredi, ce bulletin d'un quart d'heure aborde les sujets actuels grâce à des débats, des entrevues avec des spécialistes et les principaux acteurs de l'actualité. Une tribune téléphonique permet aussi aux auditeurs d'exprimer leurs idées et de les confronter avec celles des invités. Les animateurs Jean Dussault puis Michel Lacombe (1997) assurent la présentation de l'émission.
Vous devez ouvrir une session pour commenter ce clip.
Aucun commentaire enregistré
Le goût de la satire
Date de diffusion : 3 juillet 2001
Animé par un goût irrépressible de la provocation, Mordecai Richler se délecte à critiquer sa propre communauté, de même que les Canadiens anglais et les Québécois francophones. Considéré par plusieurs comme l'enfant terrible de la société juive anglophone, Richler se plaît à « remuer les bas-fonds historiques », explique l'écrivain et traducteur David Homel qui l'a bien connu. Il y a aussi chez Richler un côté d'amuseur public reflétant les travers de la société à travers le miroir déformant de son humour.Un cigare Davidoff aux lèvres et un scotch à la main, Mordecai Richler affiche un anticonformisme et un dédain manifeste pour les honneurs et les conventions. Il porte un regard critique sur toutes choses, en particulier celles qui lui tiennent à cœur, ce qui s'avère peut-être une façon tordue d'aimer, mais c'est la seule dont il soit capable, affirme-t-il. Ses proches le décrivent pourtant comme un mari aimant et un père de famille exemplaire. L'écrivain affirme vivre au Québec par choix, même s'il critique sans relâche la société québécoise.
Mordecai Richler, comme les artistes du Refus global, est le fruit d'un renouveau intellectuel et d'une remise en question radicale du conformisme de la société dans laquelle il évolue. À l'image d'un Paul-Émile Borduas, Richler sentira le besoin pressant de s'exiler afin d'échapper à l'atmosphère étouffante de son milieu marquée par l'emprise de la religion. Il se distancie du judaïsme (il est le premier homme de sa famille à ne pas être rabbin), mais demeure empreint d'une certaine tradition et culture juive.
Le goût de la satire
• En 1974, au moment de la première représentation du film L'apprentissage de Duddy Kravitz, Saidye Bronfman, veuve de Sam Bronfman, commente la réussite de l'écrivain : « You've come a long way for a St. Urbain Street boy » (Vous en avez fait du chemin pour un garçon de la rue Saint-Urbain). Et Mordecai Richler de rétorquer : « You've come a long way for a bootlegger's wife » (Vous en avez fait du chemin pour une femme de contrebandier).• S'il s'exprime très mal en français même après autant d'années vécues au Québec, Mordecai Richler assure pouvoir lire dans cette langue et affirme avec fierté que trois de ses enfants fréquentent des écoles francophones.
• Né à Chicago d'une famille russe hébraïque, David Homel s'installe à Montréal en 1980. Traducteur et romancier, il est l'auteur de romans publiés mondialement qui ont obtenu plusieurs prix littéraires : Orages électriques, Il pleut des rats, Un singe à Moscou et L'évangile selon Sabbitha. En 1995, il remporte le prix du Gouverneur général pour la traduction anglaise de l'ouvrage Cette grenade dans la main du jeune Nègre est-elle une arme ou un fruit? de Dany Laferrière.
Le goût de la satire
Média : Radio
Émission : Le Midi-quinze
Date de diffusion : 3 juillet 2001
Invité(s) : David Homel
Ressource(s) : Jacques Beauchamp
Durée : 7 min 42 s
Dernière modification :
5 mars 2008








Le goût de la satire.
Les Archives de Radio-Canada.
Société Radio-Canada.
Dernière mise à jour : 5 mars 2008.
[Page consultée le 24 mai 2012.]