Cinéma, mon amour
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S'exprimer avec les images et les sons
Date de diffusion : 9 mai 1963
Dans cet entretien que Claude Jutra accorde à Patrick Straram au moment de la sortie de À tout prendre, on est frappé par la vision et l'instinct du cinéaste. Il prédit l'assouplissement des techniques de tournage et parle de l'époque où le cinéma sera plus facile à faire, où il sera libéré de la matière.En 1963, Jutra a déjà touché à de nombreux genres : le cinéma vérité (ou cinéma direct), l'animation, la fiction. Il écrit ses propres scénarios ou s'inspire d'auteurs comme Jean Cocteau.
En 1963, Claude Jutra réalise un film très particulier, À tout prendre. Tourné en 16 mm et en noir et blanc, il est produit non par l'ONF, comme ses films précédents, mais par Les films Cassiopée et Orion Films. Film étrange qui sera conspué par certains et porté aux nues par d'autres, il raconte, sous une forme autobiographique, l'histoire de Claude, joué par Jutra lui-même, un cinéaste de 30 ans, et de son aventure avec Johanne, un mannequin noire. Cette dernière fait prendre conscience à Claude de son homosexualité. À la fin du film, l'homme disparaît et ses amis, lorsqu'ils se croisent, demandent : « As-tu des nouvelles de Claude? », comme les amis de Jutra le feront quelque 23 ans plus tard quand le cinéaste disparaîtra.
S'exprimer avec les images et les sons
• À tout prendre aborde de nombreux thèmes encore tabous en ce début des années 1960. Claude a une relation avec une Noire; elle tombe enceinte et il trouve l'argent pour son avortement; il dévoile son homosexualité; et sa disparition fait penser au suicide. Que de tabous pour une heure de pellicule!• Le film remporte le Grand Prix du cinéma canadien en 1963, mais son arrivée en salle au Québec en 1964 se solde par un échec.
• La même année, Claude Jutra coréalise avec Pierre Patry Petit discours de la méthode, une exploration de la technologie en France. La caméra fait découvrir les chemins de fer de l'Hexagone, le gaz naturel, les grands barrages, une usine marémotrice, les installations de Citroën et de Michelin.
• Un des problèmes majeurs du cinéma canadien est la distribution. Au début des années 1960, les films distribués par des entreprises américaines occupent 80 % du temps en salle. Montréal compte 64 cinémas dont seulement six sont entièrement français, six le sont à moitié et les autres sont entièrement anglais. La distribution des œuvres canadiennes et québécoises demeure le talon d'Achille de l'industrie cinématographique pendant de nombreuses décennies.
S'exprimer avec les images et les sons
Média : Radio
Émission : Cinéma, mon amour
Date de diffusion : 9 mai 1963
Invité(s) : Claude Jutra
Ressource(s) : Patrick Straram
Durée : 5 min 19 s
Dernière modification :
29 juillet 2003










S'exprimer avec les images et les sons.
Les Archives de Radio-Canada.
Société Radio-Canada.
Dernière mise à jour : 29 juillet 2003.
[Page consultée le 24 mai 2012.]