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Un Canadien à Rio

Le Brésil, un peu d'espoir

Date de diffusion : 3 avril 2004

Le Brésil est l'un des seuls pays qui aient réussi à endiguer l'épidémie de sida. En 1994, la Banque mondiale prédisait que le pays compterait 1,2 million de séropositifs en l'an 2000. Pourtant, moins de 600 000 Brésiliens sont séropositifs en 2004.

Ce pays en voie de développement est devenu l'exemple à suivre, une lueur d'espoir dans la lutte contre la pandémie. Comment le gouvernement s'y est-il pris? En offrant à tous ses citoyens l'accès gratuit aux médicaments et en menant de vigoureuses campagnes de prévention. En privilégiant la transparence et le dialogue, l'acceptation des malades plutôt que le déni et la stigmatisation, comme en témoigne ce reportage de Nicolas Doyon diffusé en avril 2004.

Pour offrir gratuitement la trithérapie aux séropositifs, le Brésil fabrique lui-même les médicaments, extrêmement coûteux, dans son laboratoire national. Les médicaments ainsi produits sont appelés « génériques », car il s'agit d'une copie de la recette originale brevetée. Le pays fabrique ainsi des trithérapies à moindre coût. Le gouvernement dépense en effet 4 700 $ par patient par année pour un traitement qui en coûte 12 000 $ aux États-Unis ou en Europe.

Toutefois, le Brésil a déclenché une vive controverse en fabriquant ces copies. Les géants pharmaceutiques contestent la légalité de cette procédure et tentent d'interdire la confection de génériques.

Les compagnies pharmaceutiques intentent des procès contre des gouvernements du Sud. En février 2001, les États-Unis portent plainte contre le Brésil à l'Organisation mondiale du commerce (OMC) pour violation de l'accord sur les brevets. Un mois plus tard, 39 multinationales traînent le gouvernement sud-africain devant la Haute Cour de Pretoria pour le même motif.

Face à la vive indignation suscitée partout dans le monde par de tels agissements, les géants de l'industrie pharmaceutique retirent leur plainte. En 2003, les accords de l'OMC permettent aux pays pauvres d'importer des médicaments génériques, s'ils ne peuvent les fabriquer eux-mêmes.

Le Brésil, un peu d'espoir

• Il n'y a pas que le Brésil : l'Inde et la Thaïlande fabriquent aussi des médicaments génériques qui coûtent la moitié du prix des médicaments brevetés.

• Entre 1997 et 1999, le gouvernement du Brésil a économisé 677 millions de dollars grâce à la baisse du nombre d'hospitalisations. Le taux de décès chez les patients infectés a diminué de moitié. En 1998, le ministère de la Santé a consacré 305 millions de dollars à la distribution de médicaments antisida aux malades.

• En 1994, les pays membres de l'OMC s'engagent, dans le cadre d'un accord international sur les brevets, à protéger les nouveaux médicaments par un brevet d'au moins vingt ans.

• En 1997, le docteur German Velasquez, diplomate à l'OMS, révèle une faille dans l'accord sur les brevets. Il est mentionné qu'un pays peut copier des médicaments brevetés pour faire face à une « urgence sanitaire ».

• Les 144 pays membres de l'OMC signent en novembre 2001 la déclaration de Doha, qui reconnaît le droit des États à passer outre aux brevets des compagnies pharmaceutiques en cas d'épidémie. Toutefois, plusieurs pays occidentaux reviennent sur cet accord et tentent d'en limiter la portée.

Le Brésil, un peu d'espoir

Média : Télévision

Émission : Un Canadien à Rio

Date de diffusion : 3 avril 2004

Invité(s) : William Amaral, Michel Lotrowska, Carlos Passarelli, Denise Pires

Ressource(s) : Nicolas Doyon

Durée : 20 min 38 s

Dernière modification :
13 mars 2008


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