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Sauver la morue in extremis

Date de diffusion : 19 février 1995

Le 2 juillet 1992, ce que tous redoutaient arrive. Le ministre fédéral des Pêches, John Crosbie, annonce un moratoire de deux ans sur la pêche à la morue au large de Terre-Neuve et du Labrador. Du jour au lendemain, 30 000 pêcheurs terre-neuviens se retrouvent au chômage.

Malgré tous les espoirs suscités par la création d'une zone de pêche de 200 milles quinze ans plus tôt, le Canada n'a pas réussi à assurer, à long terme, la reconstitution de ses stocks de morues. Le journaliste Bernard Morin rappelle le fil des événements.

La déprédation de la morue n'est pas causée que par la surpêche étrangère. Après 1977, les entreprises de pêches du Canada atlantique s'endettent lourdement afin de moderniser la pêche hauturière et d'accroître la capacité de capture et de transformation du poisson.

L'augmentation apparente des stocks de morues semble donner raison aux plus optimistes. L'investissement sera rentable. À la vérité, si la morue recommence à remplir les chaluts, c'est que les technologies de pointe permettent de la traquer jusque dans ses derniers retranchements.

Si la pêche hauturière a pu ainsi, sans qu'on s'en doute, ravager les dernières populations de morues, c'est en bonne partie à cause de l'aide gouvernementale.

La récession du début des années 1980 avait acculé les grandes entreprises de pêche hauturière du Canada atlantique à la faillite. Dans la foulée des recommandations du rapport Kirby en 1982, le gouvernement fédéral soutint la restructuration de ces entreprises de Terre-Neuve et de la Nouvelle-Écosse, au détriment de la pêche côtière et des pêcheurs indépendants.

Le soutien gouvernemental à la pêche hauturière génère des conflits entre les pêcheurs. Tandis qu'au large « les coups de chaluts monstres sur le pont sont accueillis par des expressions d'incrédulité et d'enthousiasme », comme le rapporte Bernard Morin, les pêcheurs côtiers peinent à remplir leurs filets de morues et les petites entreprises vivotent. C'est que le chalutage de fond, autant que la surpêche étrangère, contribue à réduire les stocks de morues dans les eaux du littoral.

Durant les années 1980, les pêcheurs côtiers auront tenté, sans succès, d'alerter les gouvernements...

Sauver la morue in extremis

• Le groupe d'étude mené par le sénateur Michael Kirby est constitué en 1982 en réponse à la grave crise qui secoue l'industrie des pêches du Canada atlantique. Il reçoit le mandat de trouver « des moyens d'établir et de maintenir des entreprises de pêche viables sur la côte atlantique en tenant compte [...] du développement économique et social d'ensemble des Provinces atlantiques ».

• La Fishery Products International à Terre-Neuve et la National Sea Products en Nouvelle-Écosse résultent de la fusion des grandes entreprises de pêche des deux provinces. Au cours des années 1980 et 1990, les deux sociétés dominent l'industrie halieutique de l'Atlantique.

• Forte de sa restructuration soutenue par les subsides gouvernementaux, la Fishery Products International est privatisée en 1985.

• Selon un rapport provisoire déposé à la Chambre des communes en mars 1998 par le Comité permanent du ministère des Pêches et des Océans, les moratoires de 1992 et 1994 ont eu un impact désastreux sur les pêcheurs de Terre-Neuve et du Labrador et leurs communautés : faillite, chômage, éclatement familial, exode vers le continent, surtout des jeunes, incapacité pour les pêcheurs plus âgés de se recycler, fermeture de villages, etc.

Sauver la morue in extremis

Média : Télévision

Émission : La Semaine verte

Date de diffusion : 19 février 1995

Invité(s) : John Crosbie, Florent Savage

Ressource(s) : Bernard Morin

Durée : 2 min 04 s

Dernière modification :
29 avril 2004


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