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Alerte à la surpêche étrangère

Date de diffusion : 30 mars 1992

Au printemps 1992, les stocks de morues du Canada atlantique sont presque effondrés. L'une des causes de ce désastre écologique et socioéconomique : la surpêche pratiquée par les flottes étrangères au-delà de la zone canadienne de 200 milles.

Devant l'impuissance de l'Organisation des pêches de l'Atlantique du Nord-Ouest (OPANO) à faire respecter les quotas nationaux, une flotte terre-neuvienne prend la mer en mars 1992 afin de dénoncer la surpêche pratiquée par les Européens. Le journaliste Louis Lemieux assiste au départ de cette croisade saluée par des milliers de Terre-Neuviens.

La foule amassée le long des quais témoigne d'une réalité sans équivoque : bien que l'économie de Terre-Neuve se soit diversifiée au cours du 20e siècle, la pêche reste une activité de première importance.

La pêche, et plus particulièrement la pêche à la morue, a pour ainsi dire mis Terre-Neuve au monde. Elle a forgé l'identité de ses habitants. Elle a été en quelque sorte le poumon de l'île. Si la morue disparaît, elle emportera avec elle une part de l'âme et de l'histoire terre-neuvienne.

Comme le rappelle le journaliste Louis Lemieux, les poissons de fond telle la morue ignorent les frontières. Et les Espagnols l'ont fort bien compris.

Pendant des siècles, ce peuple de pêcheurs a pêché la morue sans contrainte dans les Grands Bancs de Terre-Neuve. Après la création de la zone de 200 milles en 1977, le Canada a restreint jusqu'à l'interdire leur droit de pêche, alléguant la diminution des stocks. En signe de représailles, les Espagnols se sont mis à pêcher la morue canadienne au-delà de la zone, là où elle migre en hiver.

Alerte à la surpêche étrangère

• En 1973, la Commission internationale pour les pêcheries de l'Atlantique Nord-Ouest, prédécesseur de l'OPANO, impose des quotas nationaux pour tenter de juguler les effets désastreux de la surpêche sur les stocks de morues. À l'époque, les flottes étrangères ont le droit de venir pêcher jusqu'à douze milles marins des côtes canadiennes. Les Provinces maritimes subissent durement les contrecoups de cette surpêche et doivent faire appel à l'aide gouvernementale pour remettre l'industrie des pêches de l'Atlantique à flot.

• Une partie des Grands Bancs de Terre-Neuve se trouve en dehors de la zone de 200 milles, là où la morue passe la saison hivernale. Conscient de ce problème, le Canada a tenté, en vain, d'obtenir la gestion exclusive des ressources halieutiques au-delà de la zone de 200 milles marins lors des négociations qui ont mené à sa création en 1977.

• Dans son livre La Dernière Queue de morue, l'auteur Pol Chantraine rapporte que, en 1991, sur 149 bateaux répertoriés par l'OPANO au-delà de la limite canadienne de 200 milles, 44 arboraient le drapeau portugais et 94 battaient pavillon espagnol.

• Toujours selon Pol Chantraine, la surpêche étrangère aurait été encouragée par l'attitude du Canada après 1977. Celui-ci aurait restreint les quotas de morues alloués aux étrangers en prétextant une baisse des stocks, alors que les scientifiques canadiens prévoyaient le contraire et que l'industrie canadienne attendait avec impatience les retombées d'une manne pour laquelle elle venait d'engloutir d'énormes sommes.

• En outre, écrit Chantraine, la Communauté économique européenne (CEE) fixait elle-même les quotas de ses prises dans les eaux internationales, largement supérieurs à ceux fixés par l'OPANO.

Alerte à la surpêche étrangère

Média : Télévision

Émission : Nouvelles

Date de diffusion : 30 mars 1992

Ressource(s) : Louis Lemieux

Durée : 2 min 15 s

Dernière modification :
29 avril 2004


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