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Non aux navires américains!

Date de diffusion : 2 juin 1978

Nulle part ailleurs qu'au banc Georges la morue n'est-elle plus prolifique dans tout l'Atlantique Nord-Ouest. Or, depuis la création de leurs zones de pêche de 200 milles en 1976 et 1977, les États-Unis et le Canada ne s'entendent pas sur le tracé de la frontière marine qui traverse ce banc situé dans le golfe du Maine, à mi-chemin entre la Nouvelle-Écosse et Cape Cod (Massachusetts).

Pour faire pression, le Canada décide en juin 1978 d'interdire l'accès de sa zone de pêche aux navires américains. Le journaliste Paul Racine explique.

Cette nouvelle revendication territoriale n'est qu'une étape dans la longue histoire des pêcheries qui lie le Canada et les États-Unis.

Dans ce litige, les Américains ne manquent pas de faire valoir les droit acquis avant la déclaration d'Indépendance en 1776, alors qu'ils pêchaient librement la morue dans les eaux canadiennes. Mais depuis la signature de la convention de 1818 déterminant la frontière canado-américaine, les Américains n'ont conservé que des droits restreints sur les bancs. Après plus de cent cinquante ans, la situation demeure une source de tension.

Incapables d'en venir à une entente, le Canada et les États-Unis portent la cause en arbitrage en 1983. Le 12 octobre 1984, la Cour internationale de justice tranche le litige. Elle octroie aux États-Unis les cinq sixièmes du banc Georges, tandis que le Canada hérite de la partie nord-est, appelée Northeast Peak.

Les deux pays obtiennent ainsi l'exclusivité de leurs bancs de morues. Mais ce poisson de fond, comme bien de ses semblables, migre pour frayer. Le partage du banc Georges oblige donc les deux pays à une nécessaire cogestion des ressources halieutiques.

Non aux navires américains!

• Avant l'effondrement des stocks de morues au 20e siècle, c'est au large des côtes de l'État américain du Massachusetts que la morue abonde le plus, en un point que le navigateur anglais Bartholomew Gosnold a baptisé à juste titre Cape Cod (cap Morue) en 1602.

• Depuis l'établissement des premiers colons au début du 17e siècle jusqu'au lendemain de la déclaration d'indépendance des États-Unis en 1776, la pêche à la morue fait tourner l'économie de la Nouvelle-Angleterre et contribue largement à faire du berceau de la révolution américaine une région prospère.

• Le banc Georges est d'une superficie de près de 40 000 kilomètres carrés. Ses eaux comptent parmi les plus poissonneuses au monde. Outre ses ressources halieutiques, qui comptent entre autres la morue, la goberge, le flétan, le hareng, l'aiglefin et les pétoncles, le plateau continental du banc Georges contient des hydrocarbures tels que le pétrole.

• Roméo-Adrien LeBlanc, que Paul Racine interviewe dans ce reportage, est né à l'Anse-au-Cormier au Nouveau-Brunswick en 1927. Il commence sa carrière dans le domaine de l'enseignement, se tourne vers le journalisme au début des années 1960, puis vers la politique. Élu député en 1972 sous la bannière libérale, il détient notamment les portefeuilles de l'Environnement, des Pêches, ainsi que des Travaux publics dans le cabinet Trudeau. En 1995, il est le premier Acadien à accéder au poste de gouverneur général, qu'il quitte en 1999 pour des raisons de santé.

Non aux navires américains!

Média : Télévision

Émission : Ce soir

Date de diffusion : 2 juin 1978

Invité(s) : Roméo LeBlanc

Ressource(s) : Paul Racine

Durée : 2 min 34 s

Dernière modification :
29 avril 2004


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