Aller au menu Plan du site
  • Taille normale
  • Taille moyenne
  • Grande taille

CBC Digital Archives

Accueil · Économie et affaires · Affaires · L'indépendance éditoriale, mythe ou réalité?

L'indépendance éditoriale, mythe ou réalité?

Date de diffusion : 24 décembre 1987

Au Québec, le monde de la presse se retrouve une fois de plus au cœur de la tourmente en 1987. Jacques Francoeur vend alors Unimédia au groupe Hollinger, propriété de Conrad Black. Power Corporation et Québécor se font damer le pion. Le gouvernement Bourassa n'a pas le pouvoir d'intervenir, mais réussit tout de même à obtenir de Conrad Black qu'il revende Le Soleil et Le Quotidien à des intérêts québécois le jour venu. Comme le constate Florian Sauvageau, la transaction ravive le débat sur les risques d'ingérence des propriétaires dans le contenu éditorial.

Les propriétaires estiment que la concentration offre de solides assises financières, l'accès aux technologies de pointe et la mise en commun des ressources, tout cela menant à des journaux de meilleure qualité. La presse écrite devient alors apte à concurrencer les autres médias. Ils affirment, pour la plupart, n'avoir aucun droit de regard sur le contenu éditorial de leurs journaux, laissant ce soin à l'éditeur… qu'ils ont nommé. D'un même souffle, ils allèguent que la pléiade de médias existants permet aux consommateurs d'avoir accès à une information diversifiée.

Dans le milieu journalistique, les opinions sont partagées. Certes, la presse écrite a besoin de moyens pour évoluer. Des journaux connaissent une amélioration certaine, mais d'autres se détériorent. Depuis les années 1960, syndicats et fédérations professionnelles ont fait prendre du galon à la profession, sans pour autant empêcher des mises à pied parfois massives. Les opposants affirment que nombre de conglomérats, menés par une logique marchande, accordent moins d'importance au contenu. À l'inverse, l'ingérence d'un propriétaire dans l'orientation éditoriale muselle la liberté de la presse.

L'indépendance éditoriale, mythe ou réalité?

• À la fin de 1987, le gouvernement Mulroney est sur le point de signer l'Accord de libre-échange avec les États-Unis. Or, Conrad Black, un proche du premier ministre, se montre favorable à cette idée. C'est sans doute ce qui explique la directive de la nouvelle administration d'Unimédia à ses quotidiens fraîchement acquis, leur demandant de se prononcer en faveur dudit traité.

• Le groupe Unimédia est créé en 1973 par le journaliste et homme d'affaires Jacques Francoeur, alors propriétaire du Dimanche-Matin et ancien associé de Paul Desmarais. C'est le plus effacé des trois magnats de la presse québécoise. Au moment de sa vente au groupe Hollinger en 1987, Unimédia possède, en plus du Soleil de Québec et du Quotidien de Chicoutimi, Le Droit d'Ottawa, des magazines, des imprimeries et des intérêts dans le domaine de l'édition électronique.

• Personnage haut en couleur, Pierre Péladeau dirige Québécor, qu'il a fondé en 1965, jusqu'à sa mort en 1997. Né à Outremont en 1925, le roi de la presse populaire se lance en affaires en 1950 en achetant un petit journal de quartier. Pragmatique, il diversifie rapidement ses activités dans le domaine de l'édition en acquérant journaux et imprimeries, et crée son propre réseau de distribution. Au tournant du XXIe siècle, les activités de l'empire s'étendent sur trois continents, soit en Amérique, en Europe et en Asie.

L'indépendance éditoriale, mythe ou réalité?

Média : Radio

Émission : Présent édition québécoise

Date de diffusion : 24 décembre 1987

Invité(s) : Florian Sauvageau

Ressource(s) : Michel Tremblay, Michel Pelland

Durée : 5 min 55 s

Dernière modification :
28 juillet 2003


Fin de la liste
    etoile etoile etoile etoile etoile
  • Évaluez
  • Partagez ce clip
  • Citez ce clip




Découvrez aussi
L'effet Conrad Black
Télévision
8 min 48 s
En 1996, Conrad Black devient le plus important magnat de la presse au Canada. Ses méthodes de gestion n'indiffèrent personne.
Des hebdos... indépendants
Télévision
7 min 43 s
Les hebdomadaires indépendants résistent tant bien que mal à la pression du marché et des géants. Mais pour combien de temps encore?