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Commission Kent : « née de la stupéfaction et du choc... »

Date de diffusion : 20 août 1981

En 1980, Thomson et Southam se livrent une forte concurrence à Ottawa et Winnipeg, chacun possédant un des deux quotidiens de chaque ville. Le 27 août, Thomson ferme The Ottawa Journal et Southam, The Winnipeg Tribune. Deux journaux centenaires disparaissent ainsi. Journalistes et lecteurs sont consternés. Devant cette nouvelle situation de monopole, le gouvernement fédéral crée, six jours plus tard, la Commission royale d'enquête sur les quotidiens, présidée par Tom Kent. Les réactions se font vives au lendemain du dépôt de son rapport.

Peu tendre envers les entreprises de presse, la Commission propose l'adoption d'une loi sur les journaux du Canada qui interdirait à un propriétaire de contrôler plus de cinq quotidiens et de détenir deux journaux à moins de 500 kilomètres de distance. Le tirage de ces quotidiens ne devrait pas dépasser 5 % du tirage global des quotidiens canadiens. Thomson, par exemple, devrait se départir de plusieurs journaux ou du Globe and Mail. Un comité des droits de la presse serait chargé de veiller au bon déroulement des transactions.

Par ses recommandations, la Commission veut prévenir les effets pernicieux de la concentration. Elle s'en prend surtout aux propriétaires pour qui les journaux ne sont qu'une activité commerciale parmi tant d'autres. Elle propose d'inclure dans la nouvelle loi des dispositions visant à garantir l'indépendance des rédacteurs en chef, un thème cher aux militants d'une presse pluraliste. Les opposants à toute forme de contrôle étatique voient cependant dans cette mesure un risque d'ingérence qu'ils dénoncent.

Commission Kent : « née de la stupéfaction et du choc... »

• Le gouvernement Trudeau ne retient aucune des recommandations de la Commission Kent, pourtant créée à son instigation, à l'exception de celle interdisant la propriété croisée. En 1982, il ordonne en effet au CRTC de ne pas octroyer de licence aux propriétaires de quotidiens. La manœuvre vise à freiner le groupe Irving du Nouveau-Brunswick qui s'apprête à étendre son empire dans le domaine des médias électroniques. Mais en 1985, le gouvernement Mulroney abroge la directive.

• À l'instar du Comité Davey, la Commission Kent recommande la création d'autres conseils de presse. Le fédéral insiste donc pour que les provinces qui n'ont pas encore répondu à l'appel se dotent d'un tel organisme. Six d'entre elles le font au cours des deux années suivantes. Seule la Saskatchewan y échappe. À l'usage, selon certains critiques, les moyens de ces conseils de presse s'avèrent néanmoins insuffisants, et leur pouvoir, limité.

• Aux États-Unis, la Commission Hutchins est la première du genre à s'être intéressée à la question de la concentration de la presse, en 1942. La Commission Hutchins est suivie de près par la Grande-Bretagne, qui institue une première commission royale d'enquête en 1947, suivie d'une seconde en 1962.

Commission Kent : « née de la stupéfaction et du choc... »

Média : Radio

Émission : Présent édition québécoise

Date de diffusion : 20 août 1981

Invité(s) : Gérald Leblanc, Don Rumball, Tom Sloan

Ressource(s) : Jean Dussault, Maurice Godin, Louis Martin

Durée : 18 min 12 s

Dernière modification :
25 mai 2006


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