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Inévitable, la concentration?

Date de diffusion : 8 janvier 1969

Depuis l'achat de La Presse par la Corporation des Valeurs Trans-Canada en 1967, la tendance au monopole s'accentue au Québec. Les Paul Desmarais, Jacques Francoeur et Pierre Péladeau semblent vouloir s'imposer sur le marché de la presse écrite, mais aussi dans les secteurs de la télévision et de la radio.

En ce début de 1969, les invités de Jacques Keable témoignent déjà des enjeux qui, tout au long de la décennie à venir, vont marquer les débats sur la concentration des entreprises de presse.

Un mois plus tôt, sous la pression de l'opinion publique, le gouvernement québécois a institué une Commission parlementaire spéciale sur les problèmes de la liberté de la presse, la première du genre au Québec. Les députés Yves Michaud, Robert Bourassa, Pierre Laporte et Jean Lesage en font notamment partie. Ses travaux demeureront inachevés. Elle propose néanmoins une intervention de l'État, sous forme d'une régie de contrôle et d'une loi contre le monopole des entreprises de presse. Elle réclame aussi la création d'un conseil de presse et la tenue d'une Commission royale d'enquête.

Une vague d'acquisitions, de fusions et de fermetures déferle sur le Canada dans les années 1970. La conjoncture économique défavorise les éditeurs indépendants, qui vendent leurs intérêts à des conglomérats ou cessent leurs activités. Au Québec, seuls Le Devoir et The Daily Record de Sherbrooke demeurent indépendants. Power Corporation, Unimédia et Québécor s'emparent du marché francophone. Au Canada anglais, la presse indépendante conserve encore le quart du tirage en 1980, mais les groupes Thomson, Southam et Sun dominent. À la fin de la décennie, la concurrence n'existe plus que dans sept villes canadiennes.

Inévitable, la concentration?

• À Montréal, la concurrence entre les journaux de Péladeau et ceux de Desmarais est vive au début des années 1970. Pour contrecarrer l'avancée de son adversaire, Desmarais acquiert, en 1973, le Montréal-Matin, tabloïd de facture populiste qu'il croit capable de supplanter Le Journal de Montréal. Mais l'aventure tourne mal. Une grève de sept mois entraîne la faillite du quotidien en 1978.

• En 1973, Desmarais veut aussi acquérir Le Soleil de Québec, alors propriété de la famille Gilbert. Mais l'idée n'a pas l'heur de plaire, car elle accroîtrait le monopole de Power Corporation, propriétaire de cinq quotidiens depuis son acquisition du Montréal-Matin. Fort de l'appui des autres partis politiques et de l'opinion publique, le gouvernement Bourassa s'oppose à la transaction. Québécor se montre intéressé, mais c'est finalement Jacques Francoeur d'Unimédia qui achète le quotidien.

• Toujours en 1973, le Montreal Star passe aux mains de FP Publications, alors l'un des principaux acteurs sur la scène canadienne-anglaise. Mais ici encore, une grève de plusieurs mois fragilise le quotidien, qui ferme ses portes à l'automne 1979. Sa disparition laisse The Gazette, maintenant aux mains de Southam, sans concurrent à Montréal. L'année suivante, l'empire Thomson absorbe FP Publications. Il s'agit là de la plus importante transaction de l'histoire de la presse écrite que le Canada ait connue jusqu'alors.

Inévitable, la concentration?

Média : Télévision

Émission : Tirez au clair

Date de diffusion : 8 janvier 1969

Invité(s) : Marcel Adam, Denis Bousquet, Mario Cardinal, Gérard Filion, Gilles Gariépy, René Lévesque, Georges Mercier, Yves Michaud, Roland Pouliot

Ressource(s) : Jacques Keable

Durée : 21 min 30 s

Dernière modification :
18 juillet 2003


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