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L'effet Conrad Black

Date de diffusion : 31 mai 1996

Pour les employés du Leader Post de Regina et du Star Phoenix de Saskatoon, le 2 mars 1996 est à marquer d'une pierre noire. Hollinger vient à peine d'acheter les deux journaux que déjà 170 personnes sont mises à pied. Deux mois plus tard, Conrad Black devient l'actionnaire majoritaire du groupe Southam. Il détient désormais le monopole absolu des quotidiens de la Saskatchewan, de l'Île-du-Prince-Édouard et de Terre-Neuve, mais aussi des intérêts dans ceux des autres provinces. Un vent d'indignation souffle sur le Canada. L'opinion publique se mobilise.

En juillet 1996, le Bureau de la concurrence annonce qu'il approuve les récentes transactions d'Hollinger. Le Conseil des Canadiens et d'autres organismes contestent la décision et la portent en appel. Le but du Conseil : faire la preuve que le style de gestion de Black représente une menace pour la liberté de la presse et la démocratie. Mais la demande du Conseil est rejetée en 1997 parce qu'elle a été déposée après le délai prescrit par la loi.

Personnage flamboyant, Conrad Black ne laisse personne indifférent. Au contraire de ses concurrents, il défend avec ardeur son droit de regard sur le contenu de ses journaux. Il nomme des éditeurs proches de ses opinions de droite bien affirmées. Certains de ses quotidiens, comme le National Post et l'Ottawa Citizen, sont estimés pour leur qualités indéniables. Mais l'envers de la médaille montre aussi une entreprise à la recherche de rentabilité, qui n'hésite pas à sabrer dans le contenu, à réduire les dépenses et le personnel.

L'effet Conrad Black

• Conrad Black aura mis sept ans, entre 1992 et 1999, pour acquérir Southam, le plus ancien groupe de presse au Canada. Ce dernier possède 34 quotidiens de langue anglaise au moment où il devient une filiale d'Hollinger, en 1997. Au cours de l'année suivante, 10 des 32 éditeurs des journaux du groupe sont remplacés. Raison invoquée : divergence d'opinions. En 1999, Black possède 59 des 105 quotidiens canadiens, soit 56,2 % du marché.

• En 1997, en réaction aux congédiements effectués au Leader Post et au Star Phoenix, un éditeur indépendant lance deux hebdomadaires, l'un à Regina, l'autre à Saskatoon, et embauche des journalistes licenciés. La population accueille avec enthousiasme ce nouveau joueur. Mais l'aventure est de courte durée. Incapables de concurrencer les journaux de Conrad Black, les deux hebdos ferment leur porte deux ans plus tard.

• Conrad Black est né à Montréal en 1944. Il achète ses premiers journaux sous la bannière de la chaîne Sterling, qu'il fonde en 1969. Il confirme son intérêt pour la presse écrite en acquérant le Daily Teleghraph de Londres et plusieurs publications nord-américaines au milieu des années 1980. Les prises de bec entre cet homme ultra-conservateur et le premier ministre libéral Jean Chrétien sont notables. En 2001, Black renonce à sa citoyenneté canadienne, après que Chrétien se fut opposé à sa nomination à la Chambre des lords britannique.

L'effet Conrad Black

Média : Télévision

Émission : Le Point médias

Date de diffusion : 31 mai 1996

Invité(s) : Conrad Black, Jim McCenzie, Bernard Pilon

Ressource(s) : Frédéric Zalac

Durée : 8 min 48 s

Dernière modification :
17 juin 2003


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