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CBC Digital Archives

Accueil · C'est arrivé le... · 24 août 1992

L'Université Concordia sous le choc

Date de diffusion : 24 août 1992

Il est environ 15 h, en ce lundi ensoleillé du mois d'août 1992, lorsque le drame éclate. Valery Fabrikant, professeur de génie mécanique, ouvre le feu dans les couloirs du neuvième étage du pavillon Henry F. Hall de l'Université Concordia, à Montréal. Trois de ses collègues, Matthew McCartney Douglass, professeur en génie civil, Michael Gorden Hogben, professeur de chimie, et Aaron Jaan Saber, professeur en génie mécanique, meurent le jour même. Le titulaire de la chaire de génie électrique et informatique, Phoivos Ziogas, succombera à ses blessures un mois plus tard. Elizabeth Horwood, secrétaire, est également blessée.

Le drame de 1992 rappelle celui du 6 décembre 1989 alors qu'un homme abattait 14 jeunes femmes à l'École polytechnique de Montréal. Mais, le geste de Valery Fabrikant est motivé par de tout autres raisons que celui de Marc Lépine.

Immigré russe au service de l'Université Concordia depuis 1979, Valery Fabrikant était un homme irascible et paranoïaque. Depuis des années, plusieurs personnes ayant eu à travailler avec lui le craignaient; il avait fait l'objet de nombreuses plaintes informelles, dont une de viol par une étudiante qui refusa toutefois de donner suite à sa plainte auprès de l'ombudsman de l'institution.

Peu de temps après son arrivée d'Union soviétique, Fabrikant commence à montrer des troubles du caractère dans son milieu professionnel. Il accuse, entre autres, des collègues de lui voler ses idées; le directeur du département de génie mécanique l'aurait forcé à être cosignataire d'articles écrits par Fabrikant seul. Il arrive fréquemment au chargé de cours de réagir violemment et, en 1989, il profère ses premières menaces de mort contre des collègues et des membres de la direction.

Deux événements semblent avoir poussé Fabrikant à bout : l'université repoussa une fois de plus sa titularisation et lui refusa une année sabbatique.

L'Université Concordia sous le choc

• Le procès de Fabrikant fut long et éprouvant. Désirant se représenter lui-même, l'accusé n'en fit pas moins appel à une dizaine d'avocats, qu'il congédiait les uns après les autres.

• Fabrikant voulait qu'on juge non pas les quatre meurtres, mais les allégations de fraude scientifique contre l'université, affirmant que c'était l'institution qui l'avait poussé à commettre son geste.

• Il avait même demandé à être jugé dans une réserve indienne, « là où on traite bien les opprimés », selon lui.

• Condamné à l'emprisonnement à perpétuité sans possibilité de libération conditionnelle avant 25 ans, le tueur continue d'utiliser le système judiciaire pour se faire entendre. Il fait tout d'abord deux fois appel de sa condamnation, puis accumule les plaintes, entre autres contre les journalistes du quotidien anglophone montréalais The Gazette, pour diffamation.

• Selon Yves-Marie Morrissette, professeur de droit à l'Université McGill, Fabrikant souffrirait de quérulence, une « tendance pathologique à rechercher les querelles, à revendiquer, d'une manière hors de proportion avec la cause, la réparation d'un préjudice subi, réel ou imaginaire » (Grand Robert électronique).

• Afin de comprendre ce qui a pu se passer, l'Université Concordia a demandé, rapidement après le drame, que deux comités d'enquête indépendants soient établis. Leurs rapports ont été rendus publics au printemps 1994.

• Le premier, Lessons from the Fabrikant Files, dirigé par John Scott Cowan, de l'Université d'Ottawa, met en lumière l'historique de Fabrikant à l'Université Concordia.

• Le second, intitulé Integrity in Scholarship, dirigé par Harry W. Arthurs, ancien recteur de l'université York, à Toronto, s'est penché plus particulièrement sur les accusations de Fabrikant envers ses collègues du département de génie mécanique.

• Au-delà du geste violent d'un homme, l'affaire Fabrikant a soulevé de nombreuses questions au sein de l'administration universitaire. Le rapport Arthurs confirme qu'il y a eu des cas de fraude intellectuelle. L'université fit par la suite un certain ménage : le recteur Patrick Kenniff fut congédié, et le contrat de la vice-rectrice Rose Sheinin ne fut pas renouvelé.

• Une réflexion fut aussi engagée sur l'obligation de publication et la recherche de financement au sein des facultés de génie et d'informatique.

L'Université Concordia sous le choc

Média : Télévision

Émission : Téléjournal

Date de diffusion : 24 août 1992

Invité(s) : Rasoc Chehouri, Francine Fiore, Cecily Lawson Smith, Daniel Martin, Serge Meloche, Claude Ryan

Ressource(s) : Jacques Bissonnet, Alexandre Dumas, Céline Galipeau

Durée : 5 min 38 s

Dernière modification :
9 avril 2008


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