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Accueil · C'est arrivé le... · 11 mai 1987

Klaus Barbie au banc des accusés

Date de diffusion : 11 mai 1987

Le procès de Klaus Barbie, surnommé le « boucher de Lyon », débute le 11 mai 1987, à Lyon. À elle seule, la lecture de l'acte d'accusation prend deux jours. Le troisième jour, l'accusé prend la parole pour dire qu'il se considère comme un otage et non comme un détenu. Il refuse de se présenter au tribunal à partir de ce jour.

Dans une entrevue téléphonique avec Pierre Maisonneuve le jour même de l'ouverture du procès, Me Serge Klarsfeld, un des 39 avocats de l'accusation, commente les enjeux de ce procès.

Klaus Barbie, qui dirige pour la police nazie le service de la répression des crimes et délits politiques – dont la section antijuive – de 1942 à 1944, est accusé d'avoir liquidé et fait déporter quelque 800 juifs et résistants français qui luttaient dans des réseaux clandestins contre le nazisme.

Trois grands dossiers sont retenus contre lui : la rafle des bureaux de l'Union générale des israélites de France, le 9 février 1943, au cours de laquelle 86 personnes sont arrêtées et déportées; la rafle des enfants d'Izieu, le 6 avril 1944, qui vit 41 enfants et 5 adultes être déportés; et le dernier convoi, le 11 août 1944, qui emmena, à 15 jours de la libération de Lyon, 600 personnes, essentiellement des juifs et des résistants, vers Auschwitz.

Avant que ne débute le procès, l'avocat de Barbie, Me Jacques Vergès annonce qu'il se fera accusateur de la Résistance, de certains de ses membres qui auraient dénoncé leurs compagnons d'armes pour avoir la vie sauve; il veut démontrer que la Résistance n'était pas aussi propre que l'histoire le laisse entendre. Pour cette raison, tous les Français, juifs et anciens résistants, se méfient de ce procès.

L'avocat appelle même à la barre Raymond Aubrac, un ancien résistant, pour le confondre dans l'arrestation de Jean Moulin, le chef de la Résistance sur le territoire français.

Le procès se termine le 3 juillet 1987, après huit semaines d'audiences. L'accusation cite 69 témoins ainsi que 27 témoins d'intérêt général. La défense ne cite pour sa part que 6 témoins.

Le samedi 4 juillet, à 0 h 7, les trois magistrats et les neufs jurés reviennent de plus de six heures de délibérations. On fait entrer Klaus Barbie, et le président du tribunal, André Cerdini, prononce un verdict de culpabilité contre l'ancien officier allemand. Il est condamné à la réclusion à perpétuité.

Klaus Barbie au banc des accusés

• Klaus Barbie naît le 25 octobre 1913 à Bad Godesberg, près de Bonn. Ses parents meurent tous les deux en 1933, alors qu'il a 20 ans. En 1934, il se joint aux Jeunesses hitlériennes. En 1935, il est recruté par le service de renseignement du Parti national-socialiste.

• Barbie devient membre du parti nazi en 1937. On le retrouve à La Haye, aux Pays-Bas, en 1940, où il arrête juifs et réfugiés politiques allemands.

• Klaus Barbie arrive en France en 1942, s'installe d'abord à Dijon, puis à Lyon. Pendant les deux années suivantes, il poursuit méticuleusement résistants et juifs. Il est responsable de l'arrestation de l'un des héros de la Résistance française, Jean Moulin. Torturé par Barbie, Moulin meurt pendant son transfert vers un camp de concentration.

• Ses méthodes d'interrogatoire, d'une rare violence, comme le racontent les témoins à son procès, lui valent le surnom de « boucher de Lyon ».

• À la fin de la guerre, Barbie réussit à fuir en Allemagne. En 1947, il devient agent antisoviétique pour les États-Unis. La France demande plusieurs fois son extradition, sans succès.

• Les services secrets américains, qui veulent l'utiliser comme agent contre l'Union soviétique, l'aident à obtenir la nationalité bolivienne en 1957. Il prend le nom de Klaus Altmann et se lance dans les affaires.

• En janvier 1972, le journaliste français Ladislas de Hoyos le localise et réalise une entrevue avec lui. Le couple de chasseurs de nazis Beate et Serge Klarsfeld entreprennent de le capturer et de le faire revenir en France pour qu'il y soit jugé.

• Extradé en France par un nouveau gouvernement bolivien, Klaus Barbie est livré à la justice le 5 février 1983. Le juge d'instruction Christian Riss met quatre ans à monter le dossier du procès.

• Barbie est jugé pour crime contre l'humanité. Il avait déjà été reconnu coupable de crimes de guerre par contumace (condamnation prononcée par un juge en l'absence de l'accusé) en 1952 et en 1954.

• Il meurt d'un cancer du sang le 25 septembre 1991 à l'âge de 77 ans.

• Jacques Vergès a eu pour clients les acteurs du mouvement terroriste Action directe, le terroriste propalestinien Georges Ibrahim Abdallah, le terroriste Carlos et l'ancien dirigeant serbe Slobodan Milosevic.

• Lui-même résistant pendant la Seconde Guerre mondiale et militant communiste à la Libération, Vergès s'est fait un nom en défendant les activistes du Front de libération de l'Algérie.

Klaus Barbie au banc des accusés

Média : Radio

Émission : Présent 8h10

Date de diffusion : 11 mai 1987

Invité(s) : Serge Klarsfeld

Ressource(s) : Pierre Maisonneuve

Durée : 4 min 56 s

Dernière modification :
11 mars 2008


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