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Accueil · C'est arrivé le... · 11 janvier 1989

Non aux armes chimiques

Date de diffusion : 11 janvier 1989

La conférence de cinq jours au siège de l'Unesco à Paris réunit un nombre record de délégations. Le 11 janvier 1989, 149 pays condamnent unanimement l'utilisation des armes chimiques. Au terme du premier article de la déclaration, chaque État s'engage à « ne pas mettre au point, fabriquer, acquérir d'une autre manière, stocker ou conserver des armes chimiques ». René Mailhot s'entretient avec deux spécialistes qui expliquent la portée de cet accord historique.

Le premier emploi d'armes chimiques à grande échelle a lieu lors de la Première Guerre mondiale. À la fin du conflit, l'utilisation de plus de 100 000 tonnes de produits toxiques aura causé la mort de plus de 90 000 soldats.

Face à cette menace de guerre chimique, la communauté internationale signe le protocole de Genève, le 17 juin 1925. Cet accord entraîne la prohibition des gaz asphyxiants ou toxiques et des moyens bactériologiques lors des conflits armés. Toutefois, la plupart des États signataires se réservent le droit de recourir à ces moyens en cas de légitime défense. De plus, le traité s'avère incomplet puisqu'il n'interdit pas la fabrication et le stockage des armes chimiques.

Les armes chimiques ne sont pas utilisées par les belligérants pendant la Seconde Guerre mondiale. Néanmoins, de nouveaux gaz plus dévastateurs, comme l'agent orange et le gaz moutarde, font leur apparition. On signale l'emploi de substances toxiques au Vietnam et lors de la guerre Iran-Irak.

L'utilisation de l'ypérite ou gaz moutarde par l'Irak contre les populations civiles en mars 1988 soulève l'indignation de la communauté internationale. La prolifération de l'arme chimique, surnommée « la bombe atomique du pauvre », dans les pays en développement constitue une menace de plus en plus élevée qui incite la communauté internationale à légiférer pour en interdire l'usage.

Non aux armes chimiques

• Dès l'Antiquité, des gaz sulfureux poussés par le vent sont utilisés pour attaquer des cités. De 674 à 678, lors du siège de Constantinople, une substance toxique, le « feu grégeois », permet de repousser les Arabes hors des murs de la ville. Cette arme composée de soufre, de salpêtre et d'huile de naphte entraîne de violentes explosions.

• Contrairement à la bombe nucléaire, les armes chimiques sont relativement faciles à fabriquer. Des matières premières telles qu'insecticides ou herbicides servent d'« ingrédients » de base dans la fabrication de plusieurs armes.

• À la fin de la Seconde Guerre mondiale, les Russes et les Allemands se sont débarrassés de 87 000 tonnes de munitions chimiques en les immergeant dans les eaux de la mer Baltique. Quant aux Américains et aux Anglais, ils en ont jeté plus de 160 000 tonnes dans la mer du Nord.

• L'ypérite dormant au fond des eaux conserverait selon les experts un taux de toxicité élevé pendant 400 ans.

• La Convention sur l'interdiction de la mise au point, de la fabrication, du stockage et de l'emploi des armes chimiques et sur leur destruction est adoptée le 13 janvier 1993 à Paris. Cette convention à laquelle ont adhéré 162 États est entrée officiellement en vigueur le 29 avril 1997.

• Instaurée en 1997 à La Haye, l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques veille à l'application des dispositions de la convention. Des règles précises sont notamment établies pour la destruction des stocks d'armes chimiques à travers le monde.

Non aux armes chimiques

Média : Radio

Émission : Présent édition métropolitaine

Date de diffusion : 11 janvier 1989

Invité(s) : Jean Companion, Pierre Haski

Ressource(s) : René Mailhot

Durée : 9 min 46 s

Dernière modification :
1er mars 2008


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