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Accueil · Arts et culture · Théâtre · Joséphine Baker au Sel de la semaine

Joséphine Baker au Sel de la semaine

Date de diffusion : 18 mars 1968

Fernand Seguin semble complètement séduit par Joséphine Baker lorsqu'il la reçoit à son émission le 18 mars 1968. La grande dame du music-hall français déploie tous ses charmes. Drôle, enjouée, parfois sérieuse, elle raconte avec verve sa vie d'artiste et de mère. De son enfance pauvre à Saint Louis, au Missouri, en passant par ses premières années en France jusqu'à l'adoption de ses 12 enfants.

Enfant mal aimée, elle grandit dans une ville déchirée par la ségrégation. Elle quitte la maison familiale à l'âge de 13 ans, elle se passionne pour la danse et le théâtre. En 1919, elle part en tournée à travers les États-Unis et en 1921 se retrouve à New York où elle commence à se faire un nom dans le milieu des « spectacles nègres » (minstrel shows). On la voit notamment dans Shuffle Along et Chocolate Dandies.

En 1925, on lui propose de partir en tournée en Europe avec La Revue nègre. Ne supportant plus la façon dont les Noirs sont traités aux États-Unis, elle accepte pour quitter le pays où elle ne se sent pas à l'aise et voyager.

Si La Revue nègre n'enchante pas la critique, Joséphine Baker devient rapidement la coqueluche de Paris. Première star noire en France, elle n'hésite pas à danser les seins nus. Dans les années 1920, la jeune femme danse sur scène. En 1930, on lui propose la revue Paris qui remue, pour laquelle Vincent Scotto compose J'ai deux amours, le plus grand succès de Joséphine Baker.

Toujours au bord de la catastrophe financière, elle passera le reste de sa vie sur les planches, en tournée à travers le monde.

En 1947, elle épouse le chef d'orchestre de jazz Jo Bouillon. Au cours des années 1950, elle lance sa « tribu arc-en-ciel ». Comme elle l'explique à Fernand Seguin, elle voulait démontrer que des enfants de différentes races pouvaient grandir ensemble et former une famille unie. À la base, Joséphine et Jo pensaient adopter quatre enfants de races et de religions différentes, un Noir, un Blanc, un Asiatique et un Amérindien. Au grand dam de son époux, Joséphine ne s'arrête pas à quatre : de 1954 à 1965, elle ramènera 12 enfants de ses voyages.

Sa tribu vit aux Milandes, un château dans le Périgord, jusqu'en 1969, année où le château est saisi. Émue par son histoire, la princesse de Monaco lui donne une villa dans laquelle la famille se reloge.

Joséphine Baker au Sel de la semaine

• Joséphine se marie pour la première fois en 1919, à l'âge de 13 ans. Son mariage avec Willy Wells, à peine plus âgé qu'elle, ne dure pas. En 1921, elle épouse Willy Baker, dont elle gardera le nom toute sa vie.

• En 1937, elle épouse Jean Lion, mais le couple divorce un an plus tard. En 1947, elle se marie avec Jo Bouillon.

• Son cinquième mariage, en 1973, non officiel et platonique, avec l'artiste américain Robert Brady, ne dure pas plus d'un an.

• Pendant la Seconde Guerre mondiale, Joséphine Baker se joint à la Résistance. Jacques Abtey, chef du contre-espionnage militaire à Paris, l'engage en 1939 comme « honorable correspondante », c'est-à-dire qu'elle acheminait des messages, rôle qui lui était aisé puisqu'elle voyageait à travers l'Europe pour son métier.

• En 1941, elle part pour l'Afrique du Nord et s'installe à Marrakech. En 1943, elle devient officiellement sous-lieutenant des troupes féminines auxiliaires de l'armée de l'air française.

• Elle reçoit, en 1961, la Légion d'honneur et la Croix de guerre avec palme.

• En 1954, lors d'un voyage au Japon, Joséphine et Jo adoptent Akio, qui est Coréen, et Janot, qui est Japonais. Viennent ensuite Jari le Finlandais, Luis le Latino-Américain, Jean-Claude le Français (le seul qui ne fut pas légalement adopté), Moïse le Français juif, Brahim le Berbère, Marianne l'Algérienne, Koffi le Sénégalais, Mara le Vénézuélien, Noël le Français et Stellina la Marocaine.

• Comme leur mère est souvent en tournée, les enfants sont élevés par leur père et par des gouvernantes.

• En 1963, Joséphine Baker participe à la marche en faveur des droits civils sur Washington, cette même marche qui fut ponctuée par le désormais célèbre discours de Martin Luther King.

• Malgré son éloignement des États-Unis, au cours des années 1960 elle revient dans son pays natal pour donner plusieurs concerts au profit de la National Association for the Advancement of Colored People (NAACP), une association multiraciale contre le racisme envers les Noirs fondée en 1909.

Joséphine Baker au Sel de la semaine

Média : Télévision

Émission : Le Sel de la semaine

Date de diffusion : 18 mars 1968

Invité(s) : Joséphine Baker

Ressource(s) : Fernand Seguin

Durée : 54 min 29 s

Dernière modification :
14 avril 2010


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