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Accueil · Arts et culture · Littérature · Ferron, médecin malgré lui

Ferron, médecin malgré lui

Date de diffusion : 28 novembre 1975

« Un jour viendra où le principal avantage d'apprendre la médecine sera de se protéger contre les médecins », écrit Ferron dans le roman Le Saint-Elias.

Médecin à domicile, accoucheur, généraliste, le docteur Ferron pratique son métier en humaniste, humblement, près des petites gens et loin des hôpitaux qu'il critique vertement. Désabusé face à la médecine qui s'érige en nouvelle religion, le docteur Ferron brosse un tableau cynique de sa profession dans cette entrevue accordée à Pierre Paquette en 1975.

« La médecine est en train de rendre la santé malade! Sous prétexte de médecine préventive, on est en train de fomenter une formidable inquiétude », s'insurge Ferron.

Le docteur Ferron dénonce l'arrogance des médecins, l'anonymat des grands hôpitaux, l'acharnement thérapeutique. Selon ce médecin de famille, le rapport de force est inversé dans la pratique à domicile. À l'hôpital, le patient est seul, tandis qu'à domicile, c'est le médecin qui est « seul de son bord », forcé d'avaler son inquiétude et de rassurer la maisonnée. Pour Ferron, cette humilité est forcément salutaire.

En Gaspésie et à Ville Jacques-Cartier, Jacques Ferron pratique la médecine comme un médecin de campagne, effectuant des visites à domicile, appelé en pleine nuit pour les urgences. Il raconte avoir parfois eu l'impression de remplacer le curé, écoutant les confidences des patients.

Le docteur Ferron est aussi un accoucheur respecté, il se targue d'ailleurs de n'avoir jamais « perdu de bébé ». Le médecin considère que l'accouchement à domicile est un acte valorisant, car il s'y pratique sans les artifices de l'hôpital.

Ferron, médecin malgré lui

• « L'avantage de la médecine que j'ai pratiquée, c'est que c'est une médecine qui n'a pas besoin d'institutions. Elle se diffuse dans la population et la santé reste entre les mains des gens », confie Jacques Ferron à Pierre L'Hérault dans l'ouvrage Par la porte d'en arrière, paru chez Lanctôt Éditeur.

• Tout un cérémonial accompagne l'accouchement à la maison, raconte le docteur Ferron. Afin de détendre l'atmosphère, il prétendait qu'il n'aurait pas le temps de finir sa tasse de café avant que la parturiente donne naissance au bébé. Il plaisantait alors : « Tu ne pourrais pas me laisser finir ma tasse de café! »

• Le docteur Ferron a accouché lui-même sa seconde épouse, Madeleine Lavallée, pour la naissance des trois enfants du couple : Marie, Martine et Jean-Olivier.

• « La médecine a un tel besoin de la lésion qu'à défaut de la trouver, elle la crée. De surcroît, la neurochirurgie, une aussi fine spécialité, doit se faire la main et la garder », écrit Ferron dans Le Pas de Gamelin.

Ferron, médecin malgré lui

Média : Radio

Émission : Pierre Paquette

Date de diffusion : 28 novembre 1975

Invité(s) : Jacques Ferron

Ressource(s) : Pierre Paquette

Durée : 30 min 15 s

Dernière modification :
15 avril 2005


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