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Cinéma canadien : un marché trop petit

Date de diffusion : 27 août 1994

Durant les années 1990, les coproductions ont le vent en poupe au Canada. Les investissements consentis dans les coproductions internationales passent de 64,5 millions de dollars en 1987 à 243 millions en 1994, et la participation financière du Canada (118,8 millions) se compare à celle de ses partenaires (124,2 millions). S'ils apportent une solution aux problèmes de financement, les partenaires étrangers sont aussi des alliés de premier choix pour pénétrer les marchés extérieurs, comme l'explique Pierre Brousseau, vice-président du distributeur Alliance Viva Film.

Ce sont surtout des films à fort potentiel commercial, souvent tournés en anglais, qui profitent de ces ententes. Au Québec, le budget moyen des films tournés en anglais passe presque du simple au double. À côté des commanditaires, des télédiffuseurs, des organismes gouvernementaux, les partenaires financiers étrangers sont les plus importants.

La France est l'un des principaux coproducteurs associés au Canada. À titre exemple, le long métrage de Patrick Dewolf, Lapse of Memory, produit par Roger Frappier, ancien réalisateur de l'ONF, est une coproduction France-Canada tournée en anglais, diffusée en 1992.

En 1995, le gouvernement canadien instaure un crédit d'impôt pour la production cinématographique canadienne. Il concerne les films et vidéos produits par des sociétés canadiennes, répondant aux normes de sélection requises. En bref, ces critères concernent la « canadianité » des œuvres filmées. D'une part une grille d'évaluation, fondée sur un système de points, encadre le contenu canadien, d'autre part, les trois quarts des dépenses de production doivent correspondre à des sommes versées à des Canadiens.

Hormis le producteur, qui doit être canadien, chaque membre de l'équipe se voit affecter un nombre de points : par exemple, au réalisateur comme au scénariste sont attribués deux points. Pour satisfaire aux exigences, la production doit cumuler au moins six points sur les dix que comporte le barème. En 1997, le crédit d'impôt a rapporté 60 millions de dollars aux entreprises de production de films et d'émissions télévisées canadiennes.

Cinéma canadien : un marché trop petit

• Les télédiffuseurs investissent aussi dans la production, mais leur frilosité est critiquée par les cinéastes, qui déplorent leur manque d'audace dans le financement des longs métrages canadiens. Au Québec, selon les chiffres de 2003 du ministère de la Culture et des Communications du Québec, pour l'année 1994, ils participent à hauteur de 34 millions de dollars dans les productions cinématographiques et télévisuelles; leur participation a fléchi comparativement à celle relevée en 1991, mais croît de manière importante l'année suivante avec un budget de 74 millions.

• Par ailleurs, alors que l'ONF se retire de la production des œuvres de fiction pour se consacrer au documentaire et à l'animation, le budget alloué par Téléfilm aux longs métrages s'amenuise. L'organisme, qui leur allouait 31 millions de dollars en 1988, ne leur accorde plus que 16 millions en 1995, selon le rapport du comité d'examen des mandats Faire entendre nos voix, publié en 1996.

• En 1995, le Québec apporte un autre appui à l'industrie privée du cinéma par l'entremise de la SODEC (Société de développement des entreprises culturelles), ancêtre de la Société générale des industries culturelles et de l'Institut québécois du cinéma. Au cours de cette période, le Conseil des arts et des lettres du Québec voit le jour. Il apporte un soutien financier à la création et à la production du milieu culturel.

• À côté de l'aide financière accordée aux coproductions, le gouvernement fédéral, par l'entremise de l'ONF, soutient le cinéma indépendant en favorisant l'essor de jeunes cinéastes francophones, mais aussi le cinéma autochtone, tant francophone qu'anglophone.

• En 2004, le Canada conclut des ententes de coproduction avec 57 pays. Avec un budget annuel de 230 millions de dollars, c'est Téléfilm Canada qui les administre.

Cinéma canadien : un marché trop petit

Média : Radio

Émission : Les Affaires et la Vie

Date de diffusion : 27 août 1994

Invité(s) : Pierre Brousseau, Yves Larivière

Ressource(s) : Frédéric Odinet

Durée : 10 min 15 s

Dernière modification :
30 mai 2006


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