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Accueil · Arts et culture · Cinéma · Ernest Ouimet, pionnier du cinéma

Ernest Ouimet, pionnier du cinéma

Date de diffusion : 26 mai 1965

Âgé de 88 ans, le pionnier du cinéma parle de la belle époque des « vues animées » à Montréal. Fils de fermier né à Laval en 1877, Léo-Ernest Ouimet, mieux connu sous le nom d'Ernest Ouimet, travaille comme projectionniste au parc Sohmer de Montréal dès 1902. Le cinéma en est alors à ses débuts : la première projection publique en terre canadienne a eu lieu à Montréal en 1896, six mois seulement après la naissance du cinématographe des frères Lumière à Paris. La présentation de films se déroule dans divers lieux, tels que parcs publics, cirques, cafés ou magasins.

Après avoir acheté deux projecteurs Edison et une caméra, Ernest Ouimet loue en 1906 la salle Poiré, à l'angle des rues Sainte-Catherine et Montcalm. Il baptise l'endroit Ouimetoscope, donnant son propre nom au cinéma avec la finale « scope » qui signifie « examiner, observer ». L'année suivante, il rase l'immeuble et fait reconstruire une salle luxueuse avec dorure et murs de porcelaine pouvant accueillir 1200 spectateurs, première salle en Amérique du Nord exclusivement vouée au cinéma. Ouimet est rapidement imité par d'autres propriétaires : ainsi s'ouvrent à Montréal le Nationoscope, l'Ovilatoscope, le Supérioscope, le Ladébauchoscope!

Ernest Ouimet tourne lui-même « à la main » des films d'actualité qu'il présente dans son cinéma. Il filme l'effondrement du pont de Québec (1907), l'incendie de Trois-Rivières (1908), les funérailles de Wilfrid Laurier (1919). Ce sont les premières actualités filmées au Canada. Installé à Hollywood en 1922, Ouimet y côtoie les grandes vedettes du film muet et produit une fiction, Why get Married, qui connaît peu de succès.

Acculé à la faillite par la concurrence des monopoles américains, Ouimet brûle la plupart de ses pellicules, sur support nitrate et donc facilement inflammables. De retour à Montréal en 1933, il est engagé à la Commission des liqueurs en 1936, où il travaille pendant 20 ans.

Ernest Ouimet, pionnier du cinéma

• En 1907, l'archevêque de Montréal, Mgr Paul Bruchési demande que la loi interdisant les divertissements payants le dimanche s'applique également au cinéma. Ernest Ouimet contourne le mandement de l'archevêque en vendant des bonbons à 10 cents – prix moyen d'une entrée au cinéma – à l'entrée de la salle et en donnant en échange la permission aux acheteurs d'aller regarder gratuitement les « vues animées ».

• La Ville de Montréal adopte en août 1908 un règlement interdisant toutes les représentations cinématographiques le dimanche. Ernest Ouimet et quelques propriétaires de salles contestent ce règlement en cour. Au terme d'un procès de quatre années allant jusqu'en Cour suprême, Ouimet obtient gain de cause.

• En 1915, la Ouimet Moving Pictures loue un wagon du Canadien Pacifique avec un laboratoire de photographie pour ses tournages. En 1917, Ouimet produit un film unique sur la destruction de la ville de Halifax causée par l'explosion d'un navire chargé de munitions. Acheté par le gouvernement, le film sert de témoignage lors de l'enquête.

Ernest Ouimet, pionnier du cinéma

Média : Télévision

Images d'archives

Émission : Champ libre

Date de diffusion : 26 mai 1965

Invité(s) : Léo-Ernest Ouimet

Ressource(s) : Carl Dubuc

Durée : 13 min 03 s

Photo : Collection de la Cinémathèque québécoise

Dernière modification :
3 janvier 2005


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