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« La Vraie nature de Bernadette » à Cannes

Date de diffusion : 5 mai 1972

En compétition à Cannes en 1972, La Vraie Nature de Bernadette met en vedette Micheline Lanctôt en bourgeoise citadine quittant la ville pour s'établir à la campagne. Le cinéaste explique qu'il ne s'agit pas d'un film sur le retour à la terre mais plutôt d'un film sur un constat qui l'inquiète : la nature n'existe plus. La société industrielle a envahi même les espaces verts. Cette réalité finit par anéantir le rêve utopique de Bernadette et la force à trouver sa « vraie nature ». Gilles Carle mentionne dans cette entrevue que la découverte de Micheline Lanctôt a été pour lui une révélation qu'il espère faire partager au public.

Le cinéaste raconte avoir eu l'idée du film La Vraie Nature de Bernadette à une époque où il travaillait dans le sous-sol de la Place Bonaventure, dans une sorte de bunker sans fenêtres. Dans cet univers de ciment et de béton, il se met à rêver à la campagne et entame la rédaction d'un scénario. Outre le mythe du retour à la terre que Carle démolit avec un malin plaisir, le film est truffé de symboles religieux que le cinéaste pervertit avec un humour piquant : les trois rois mages sont en fait trois vieillards libidineux, les évangélistes, deux voyous, alors que les miracles de Bernadette sont récupérés par les médias et les profiteurs.

« La Vraie nature de Bernadette » à Cannes

• D'abord formée comme musicienne, Micheline Lanctôt étudie à l'École des beaux-arts de Montréal et y découvre le dessin d'animation. Alors qu'elle travaille pour une société privée d'animation de Montréal, elle rencontre un cinéaste qui occupe un bureau près du sien. Ce dernier prépare un film et la convainc d'accepter le rôle-titre. Micheline Lanctôt devient alors la miraculeuse Bernadette Brown, interprétation qui lui vaut le prix de la meilleure comédienne au Festival du film de Toronto.

• En plus de jouer à la télévision et au cinéma, Micheline Lanctôt réalise plusieurs films. Après Sonatine qui obtient le Lion d'argent au Festival de Venise en 1984, elle tourne La Vie d'un héros (1994) puis en 2003, Le Piège d'Issoudun présenté au Festival du nouveau cinéma et des nouveaux médias.

• C'est la deuxième fois qu'un film de Gilles Carle est présenté à Cannes : Le Viol d'une jeune fille douce avait été présenté dans la section parallèle en 1969. La Vraie Nature suscite des critiques très positives dans les journaux français. Au pays, le film remporte cinq prix Génie, dont ceux du meilleur scénario et de la meilleure réalisation.

• En 1961, Carle réalise à l'ONF un documentaire sur la pollution intitulé Une rivière en danger. Pour la première fois au Canada, un film aborde la question de la pollution de l'eau à travers son caractère politique et montre des poissons atteints du cancer et la prolifération des rats d'égouts. Dans ses entretiens avec Michel Coulombe, parus en 1995, Gilles Carle raconte qu'à l'époque le mot pollution était presque inconnu, « on ne parlait alors que de pollution nocturne, que le pape interdisait! ».

« La Vraie nature de Bernadette » à Cannes

Média : Radio

Émission : Carnet arts et lettres

Date de diffusion : 5 mai 1972

Invité(s) : Gilles Carle

Ressource(s) : Jean Sarrazin

Durée : 5 min 07 s

Dernière modification :
25 mars 2009


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